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Muskies Canada : le club qui protège le maskinongé (et ses 14 chapitres)

Muskies Canada : le club qui protège le maskinongé (et ses 14 chapitres)
PQ

Pêcheur Québec

Publié le 28 août 20268 min de lecture

Fondé en 1978, Muskies Canada pêche et protège le maskinongé : 14 chapitres en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick, un programme de science citoyenne de 58 654 carnets, et deux siècles d'histoire du maskinongé québécois.

Le maskinongé est le poisson le plus exigeant du Québec : des centaines de lancers pour une touche, et un animal assez fragile pour qu'une mauvaise manipulation lui coûte la vie. Depuis 1978, un club bénévole s'est donné pour mission de le pêcher et de le protéger : Muskies Canada. Quatorze chapitres, une base de données de près de 59 000 sorties de pêche, et une devise qui a changé la culture du maskinongé en Amérique du Nord — Let Them Go, Let Them Grow. Si tu pêches le maskinongé sur le Saint-Laurent ou l'Outaouais, tu pêches sur des eaux que ce club documente depuis trois décennies. Pour la technique elle-même, va voir notre guide complet de la pêche au maskinongé.

À retenir — Muskies Canada (Muskies Canada Sport Fishing and Research) est un club de pêche sportive et de recherche fondé en 1978 par Bruce Park. Il compte 14 chapitres en Ontario, au Québec (Montréal) et au Nouveau-Brunswick, plus un chapitre « Nomads » pour les membres sans attache régionale. Son programme Angler Log est la plus grande source de données sur le maskinongé disponible pour les gestionnaires de la ressource. Tout passe par le chapitre local : réunions mensuelles, sorties, tournois.

Qu'est-ce que Muskies Canada ?

L'organisme se décrit lui-même comme « un club de pêche dont les intérêts vont bien au-delà de la simple capture du poisson ». Sa mission tient en une phrase : améliorer la pêche sportive du maskinongé au Canada par l'engagement communautaire et les partenariats.

Quatre objectifs structurent son travail :

  • Développer la pêche sportive du maskinongé par l'engagement des communautés de pêcheurs ;
  • Soutenir la lutte contre la pollution des eaux, pour garantir des habitats sains au maskinongé ;
  • Protéger et bonifier la ressource par une gestion active de la pêcherie ;
  • Faire circuler l'information entre pêcheurs, biologistes et gestionnaires de la ressource.

Le club a été fondé en 1978 par Bruce Park, son premier président, qui a lancé cette année-là un mouvement de remise à l'eau systématique : il jugeait le maskinongé trop rare et trop fragile pour n'être capturé qu'une seule fois. Le club a fonctionné comme une entité unique jusqu'en 1987, année où les chapitres géographiques ont été créés. Il a célébré son 20e anniversaire en 1998.

« Let Them Go, Let Them Grow »

La devise du club — Sport Fishing and Research: Let Them Go, Let Them Grow — n'est pas un slogan décoratif. En 1978, la remise à l'eau du maskinongé n'allait pas de soi ; un gros poisson finissait sur un mur. Muskies Canada a poussé la pratique inverse pendant des décennies, jusqu'à ce qu'elle devienne la norme chez les pêcheurs de maskinongé.

Le club opère aujourd'hui un Public Release Program (programme public de remise à l'eau) et publie des outils de terrain, dont un guide Know the Difference qui apprend à distinguer le maskinongé du grand brochet — une confusion qui mène chaque année à des captures illégales. C'est exactement la distinction qu'on détaille dans notre fiche du maskinongé.

Le carnet du pêcheur : près de 59 000 sorties consignées

C'est la contribution la plus originale du club, et la plus méconnue. Le Angler Log Program demande aux membres de consigner leurs données de capture par unité d'effort (CPUE) chaque fois qu'ils pêchent le maskinongé : noms des pêcheurs, date, plan d'eau, nombre de pêcheurs, heures pêchées, maskinongés capturés, longueurs, notes et photos.

Les chiffres donnent la mesure de l'effort :

Indicateur Valeur
Carnets soumis (cumul) 58 654
Heures de pêche documentées plus de 365 000
Jours distincts consignés environ 6 000
Archives consultables en ligne depuis 1994-1995
Moyenne des 5 dernières années plus de 2 000 carnets/an, près de 100 000 heures, plus de 5 000 maskinongés

Ces données ne dorment pas dans un tiroir. Quand le virus de la septicémie hémorragique virale (SHV) a frappé, les carnets du club ont servi au ministère ontarien des Richesses naturelles à évaluer l'impact de l'épidémie sur les populations de maskinongé du fleuve Saint-Laurent, de la rivière Niagara et du lac Sainte-Claire. Le club décrit son programme comme « la plus importante source de données sur le maskinongé » dont dispose le ministère. Pour un poisson qu'on ne peut pas inventorier facilement, c'est une science citoyenne qui pèse.

Les 14 chapitres, région par région

Tout se joue au niveau du chapitre : c'est là qu'on assiste aux réunions mensuelles, qu'on rencontre les guides, qu'on participe aux sorties et aux tournois. Selon le club, les chapitres « travaillent avec les gouvernements et les institutions scientifiques pour assurer une bonne gestion de ces poissons très particuliers » et offrent « des sorties agréables, des occasions d'apprentissage exclusives et des projets intéressants pour soutenir cette pêcherie importante ».

Région Chapitres
Ontario — Sud-Ouest Barrie · Belle River · Hamilton · Kawartha Lakes · Kitchener-Waterloo · Mississauga · Toronto
Ontario — Centre North Bay · Sudbury
Ontario — Est Gananoque & 1000 Islands · Ottawa · Upper Valley
Québec Montréal
Nouveau-Brunswick Saint John River
Sans attache régionale Nomads

Le chapitre Nomads est la porte d'entrée des membres qui n'habitent pas à distance raisonnable d'un chapitre géographique — utile pour un pêcheur de la Mauricie ou de l'Estrie qui veut adhérer sans faire trois heures de route pour une réunion.

Les trois chapitres qui comptent quand on pêche au Québec

Montréal — fondé en 1993

Le seul chapitre québécois, et « l'un des plus importants du club » selon sa propre page. Ses membres vont du débutant au guide professionnel, avec une culture affirmée de remise à l'eau et de protection de l'espèce.

  • Réunions : le premier mercredi de chaque mois à 19 h, sauf en janvier, juillet et août.
  • Lieu : Association des pêcheurs et chasseurs sportifs du Lac Saint-Louis (Lachine Anglers Club), 3051, boulevard Saint-Joseph, Lachine.
  • Eaux fréquentées : lac Saint-Louis, lac Saint-François, lac Traverse, entre autres.
  • Activités : le Montreal Challenge, le LSF Challenge et la Crystal Cup Challenge, plus le programme jeunesse Muskieteers et une Kids Fishing Party.
  • Président : Nicolas Perrier.

Chaque réunion propose une présentation sur une technique de pêche ou une activité qui approfondit la connaissance du maskinongé.

Ottawa — fondé en 1988

Créé sous le nom de chapitre « Ottawa Valley », il dessert les pêcheurs de toute la région de la capitale nationale — donc les deux rives, Gatineau et l'Outaouais québécois compris.

  • Réunions : le troisième lundi de chaque mois à 19 h, à la Légion royale canadienne, filiale 632, 800 Taylor Creek Drive, Orléans.
  • Eaux fréquentées : « la puissante rivière des Outaouais et le légendaire fleuve Saint-Laurent », la rivière Madawaska, la rivière Rideau et une multitude de lacs intérieurs.
  • Tournois : l'Elvis Open début juillet, le Ottawa Challunge en septembre et la Kahuna Cup fin octobre, plus deux soirées Pizza Night and Tackle Swap par année.

Gananoque & 1000 Islands

Le chapitre du haut Saint-Laurent, celui des Mille-Îles. Son membership est transfrontalier : côté canadien, il s'étend « de Stoney Point à l'ouest jusqu'à Montréal à l'est » ; côté américain, de St. Vincent à Ogdensburg dans l'État de New York.

  • Réunions : le quatrième mardi du mois à 18 h 30, Légion royale canadienne, filiale 92, 55 King St E., Gananoque.
  • Profil des membres : du novice au guide de charter.
  • Événement phare : The Gathering, chez Muskie Jakes à Gananoque.

Deux siècles de maskinongé au Québec

Le club publie aussi de la vulgarisation historique, et son dossier sur le maskinongé québécois remet les pendules à l'heure. Au Québec, le maskinongé indigène ne se trouvait que dans le sud : les eaux du bassin du fleuve Saint-Laurent et certains tributaires, de la rivière des Outaouais jusqu'à Québec.

Quelques repères qui expliquent l'état actuel de la ressource :

  • 1868-1936 : la pêche commerciale prélève près de 2,9 millions de livres de maskinongé, soit environ 192 535 poissons. La région de Montréal fournit 90 % des débarquements. La pêche commerciale cesse en 1936.
  • 1950-1997 : ensemencements à partir de la pisciculture de Lachine, avec des œufs venus notamment du lac Chautauqua (États-Unis) et de l'Ontario. Plus de 80 plans d'eau québécois sont ensemencés.
  • 1986 puis 1998 : la taille minimale légale passe de 38 pouces à 44 pouces.
  • Résultat mesurable : au lac Saint-Louis, 19 % des maskinongés capturés dépassaient 44 pouces entre 1918 et 1927 ; la proportion atteint 54 % entre 2010 et 2013. Aucun ensemencement depuis 1998, et pourtant le recrutement naturel se maintient et l'abondance augmente.

Autrement dit : la combinaison remise à l'eau volontaire + taille minimale sévère a fonctionné. Les eaux à retenir restent le lac Saint-Louis, le lac des Deux-Montagnes et le lac Saint-Pierre. Avant de partir, vérifie toujours ton permis de pêche et les limites de taille en vigueur.

Devenir membre

L'adhésion se fait par le chapitre. Ce qu'elle donne :

  • les réunions mensuelles du chapitre, avec conférenciers invités ;
  • le Release Journal, les infolettres et l'accès au forum réservé aux membres ;
  • les sorties organisées et les tournois de chapitre ;
  • des ressources éducatives et des projets de conservation auxquels participer ;
  • des rabais chez des partenaires (SAIL, Ezoko Fishing, Huskie Muskie Leaders) ;
  • une représentation collective auprès des gestionnaires de la ressource.

Les modalités d'adhésion, le calendrier des réunions et les coordonnées de chaque chapitre sont sur le site officiel : muskiescanada.ca. La liste complète des chapitres, avec la page de chacun, se trouve sur muskiescanada.ca/chapters.

Pour aller plus loin

Pêcheur Québec n'est pas affilié à Muskies Canada. Cet article est une présentation indépendante de l'organisme, basée sur les informations publiées sur son site officiel.

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?Questions fréquentes

Qu'est-ce que Muskies Canada ?
Muskies Canada (Muskies Canada Sport Fishing and Research) est un club bénévole canadien de pêche sportive et de recherche consacré au maskinongé, fondé en 1978 par Bruce Park. Il regroupe 14 chapitres en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick, et milite depuis ses débuts pour la remise à l'eau systématique du maskinongé.
Y a-t-il un chapitre au Québec ?
Oui, le chapitre de Montréal, fondé en 1993 et l'un des plus importants du club. Ses réunions ont lieu le premier mercredi du mois à 19 h (sauf janvier, juillet et août) au Lachine Anglers Club, 3051, boulevard Saint-Joseph, à Lachine. Il pêche notamment le lac Saint-Louis, le lac Saint-François et le lac Traverse.
Combien Muskies Canada compte-t-il de chapitres ?
Quatorze chapitres répartis en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick, auxquels s'ajoute le chapitre « Nomads », destiné aux membres qui n'habitent pas près d'un chapitre géographique.
Qu'est-ce que le programme Angler Log ?
C'est un programme de science citoyenne où les membres consignent leurs données de capture par unité d'effort à chaque sortie : date, plan d'eau, heures pêchées, nombre de maskinongés, longueurs. Le cumul dépasse 58 654 carnets et 365 000 heures de pêche documentées, avec des archives en ligne remontant à 1994-1995. C'est la plus grande source de données sur le maskinongé au pays.
Faut-il être un pêcheur expérimenté pour adhérer ?
Non. Les chapitres accueillent tous les niveaux, du débutant complet au guide professionnel. C'est même l'un des arguments du club : les réunions mensuelles avec conférenciers et les sorties de groupe sont conçues comme un raccourci d'apprentissage pour une pêche réputée difficile.
Que rapporte l'adhésion ?
Les réunions mensuelles du chapitre avec conférenciers, le Release Journal et les infolettres, l'accès au forum réservé aux membres, les sorties et tournois de chapitre, des ressources éducatives, des rabais chez des partenaires comme SAIL, Ezoko Fishing et Huskie Muskie Leaders, et une représentation collective auprès des gestionnaires de la ressource.
Le maskinongé est-il ensemencé au Québec ?
Plus depuis 1998. Des ensemencements ont eu lieu de 1950 à 1997 à partir de la pisciculture de Lachine, dans plus de 80 plans d'eau. Depuis l'arrêt, les populations se maintiennent par recrutement naturel et leur abondance augmente — un effet attribué à la remise à l'eau et à la taille minimale de 44 pouces instaurée en 1998.
Quelle est la différence entre un maskinongé et un grand brochet ?
Le maskinongé a des joues et opercules partiellement écaillés (moitié supérieure seulement), 6 à 9 pores sous la mâchoire inférieure de chaque côté, et une robe claire marquée de barres ou de taches foncées. Le grand brochet a l'inverse : joues entièrement écaillées, 5 pores ou moins, et des taches claires sur fond foncé. Muskies Canada publie d'ailleurs un guide « Know the Difference » sur cette confusion, qui mène chaque année à des captures illégales.

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