La pêche du Québec dans vos écoles

Quatre poissons du Québec, pour vrai

Un a un miroir dans l’œil. Un est une morue qui vit en eau douce. Un garde ses œufs comme un père. Un mange des canetons.

Pourquoi seulement quatre, quand le site en annonce 209 ?

Parce que seules ces quatre-là ont été vérifiées une par une contre les capsules jeunesse du ministère. Nos autres fiches d’espèces portent des valeurs remplies en lot — la même taille moyenne recopiée sur 165 espèces — ce qui passe pour flâner et ne vaut rien pour enseigner. On préfère donner quatre fiches vraies à une classe que 209 douteuses. Les photographies, elles, sont les nôtres et elles sont réelles.

  • Le doré jaune

    Le doré jaune

    Sander vitreus

    Où il vit
    Dans les eaux fraîches, entre 10 et 24 °C. Il grandit le mieux entre 18 et 22 °C. En plein jour, il se tient à l’abri ou en profondeur, loin de la lumière.
    Ce qu’il mange
    D’autres poissons. Il est piscivore — et s’il ne trouve pas de perchaude, il mange ses propres congénères.
    Comment le reconnaître
    Une tache blanche sur le bas de la queue, et pas de taches noires sur la nageoire dorsale. C’est ce qui le distingue du doré noir, qui lui ressemble beaucoup. Deux canines au bout de la mâchoire du bas : attention en décrochant.

    Le fait qui reste

    Il a un miroir dans l’œil. Derrière sa rétine, une couche de cellules réfléchissantes — le *tapetum lucidum* — renvoie la lumière une deuxième fois. Il voit donc dans une pénombre où nous ne voyons plus rien. C’est pour ça qu’il fuit le plein soleil et qu’il chasse en fin de journée.

    Source : Pleins feux sur… la pêche au doré jaune — MFFP (section jeunesse)

  • L’achigan

    L’achigan

    Micropterus dolomieu / salmoides

    Où il vit
    Deux espèces, deux habitats. Celui à petite bouche préfère l’eau fraîche, vers 20 °C, peu profonde, à courant moyen, sur un fond de roches ou de sable. Celui à grande bouche aime l’eau plus chaude, vers 26 °C, et la végétation dense.
    Ce qu’il mange
    Jeunes, du plancton et des insectes. En grandissant : des petits poissons, des grenouilles, des têtards, des écrevisses. Des carnivores, avec beaucoup de dents effilées.
    Comment le reconnaître
    Chez celui à petite bouche, la mâchoire du haut ne dépasse pas l’œil. Chez celui à grande bouche, les deux nageoires dorsales sont presque entièrement séparées.

    Le fait qui reste

    C’est le père qui garde les œufs. Le mâle creuse le nid — de 30 à 160 cm de large — et après l’éclosion, il monte la garde encore plusieurs semaines en attaquant tout ce qui approche. La femelle, elle, peut pondre dans plusieurs nids différents.

    Source : Pleins feux sur… la pêche à l’achigan — MFFP (section jeunesse)

  • La lotte

    La lotte

    Lota lota

    Où il vit
    Dans les grandes rivières aux eaux froides et dans le fond des lacs.
    Ce qu’il mange
    Un prédateur vorace, qui chasse ses proies la nuit.
    Comment le reconnaître
    Des barbillons sur le nez et sous le menton — comme une barbe. Son nom anglais, *burbot*, vient du latin *barba*.

    Le fait qui reste

    C’est une morue d’eau douce. Elle appartient à la famille de la morue, les Gadidés, et c’est la SEULE de cette famille à vivre en eau douce. Elle fraie la nuit, en hiver, sous la glace — une des rares espèces à le faire. Les poissons forment une boule et roulent sur le fond.

    Source : Pleins feux sur… la pêche à la lotte — MFFP (section jeunesse)

  • Le brochet maillé

    Le brochet maillé

    Esox niger

    Où il vit
    Dans les eaux chaudes, calmes et peu profondes, là où la végétation est abondante : rivières, lacs et étangs. L’hiver, il reste actif, mais plus creux.
    Ce qu’il mange
    À peu près tout ce qui passe : cyprins, barbottes, perchaudes, crapets, écrevisses, insectes, couleuvres, grenouilles — et même des canetons. Seule la taille de sa bouche limite celle de ses proies.
    Comment le reconnaître
    Des taches sombres en forme de mailles de chaîne sur les flancs — c’est de là que vient son nom. Et un compte précis : 4 pores sensoriels de chaque côté de la mâchoire du bas, contre 10 pour le grand brochet et 12 à 18 pour le maskinongé.

    Le fait qui reste

    Il chasse à l’affût : immobile dans la végétation, il attend qu’une proie passe, puis sa forme allongée lui fait atteindre une grande vitesse en très peu de temps. Il défend son territoire et s’attaque même aux plus petits de sa propre espèce.

    Source : Pleins feux sur… la pêche au brochet maillé — MFFP (section jeunesse)

Quatre questions auxquelles les quatre répondent ensemble

Aucune fiche seule n’y répond. Mises côte à côte, les quatre y arrivent.

Est-ce qu’il y a des poissons différents dans un lac et dans une rivière ?
Oui, et ce n’est pas le lac ou la rivière qui décide — c’est ce qu’il y a dedans. La lotte veut de l’eau froide et un fond profond. L’achigan à petite bouche veut un fond de roches et un peu de courant ; celui à grande bouche veut de la végétation et de l’eau chaude. Le même lac peut contenir les deux, dans deux coins différents.
C’est mieux de pêcher le matin, l’après-midi ou la nuit ?
Ça dépend du poisson, pas de l’heure. Le doré fuit la lumière : il est plus actif en fin de journée ou quand l’eau est trouble. La lotte chasse la nuit. Le brochet maillé, lui, attend à l’affût — il mange quand quelque chose passe.
Un poisson, ça mange-tu un steak ?
Non — mais plusieurs mangent de la viande, et c’est la même chose. Le doré mange d’autres poissons. Le brochet maillé mange des grenouilles, des couleuvres et parfois des canetons. L’achigan commence sa vie au plancton et finit par manger des écrevisses. Ce qui change, c’est la taille de la bouche.
Comment un poisson voit-il dans l’eau sombre ?
Le doré a un miroir derrière la rétine, le *tapetum lucidum* : la lumière traverse son œil deux fois au lieu d’une. C’est ce que font aussi les chats. Le brochet maillé, lui, compte plutôt sur des pores sensoriels le long de sa mâchoire.

Pour l’enseignant

  • Commencez par la question « un poisson, ça mange-tu un steak ? ». La réponse est non et presque oui en même temps, et c’est là que la réflexion se fait.
  • La lotte est celle sur laquelle s’arrêter : une morue qui vit en eau douce, qui fraie la nuit sous la glace en formant une boule qui roule. Elle casse toutes les attentes d’un enfant sur les poissons.
  • Le mâle achigan qui garde le nid pendant des semaines est un bon contrepoids à ce que les élèves supposent d’ordinaire sur qui s’occupe des petits.
  • Quatre fiches, pas 209 — et la page dit pourquoi. Montrer à une classe qu’une source peut être faible est en soi une leçon sur les sources.